Pourquoi quitter Joomla en 2026
En 2018, j’écrivais sur ce blog qu’il fallait migrer vers Joomla 3.8 pour rester sécurisé et responsive. Le constat est le même aujourd’hui, mais la cible a changé. Joomla 3 n’est plus maintenu depuis août 2023, et le passage à Joomla 4 ou 5 demande presque autant de travail qu’un changement de CMS.
J’ai donc choisi WordPress, l’outil que j’utilise pour la majorité des sites de mes clients. Avec Divi 5 pour la mise en page et ACF pour structurer les contenus, j’obtiens un site que je fais évoluer seule, sans dépendance à des extensions vieillissantes.
Étape 1 : auditer l’existant avant de toucher à quoi que ce soit
J’ai commencé par un audit SEO et éditorial de mon propre site, comme je le fais pour un client. Les constats étaient parlants :
- une seule meta description pour tout le site ;
- des URL en
/index.php/héritées de Joomla ; - un sitemap qui ne listait que l’accueil et des images ;
- un blog figé depuis 2020 ;
- aucune page sur mes métiers actuels : AMOA, DAM, IA, GEO.
L’audit sert à décider ce qu’on garde, ce qu’on réécrit et ce qu’on supprime. Sans lui, on migre ses problèmes.
Étape 2 : repenser l’arborescence
Une migration est le bon moment pour revoir la structure. J’ai séparé deux univers qui étaient mélangés : le pôle Conseil (AMOA, DAM, stratégie digitale, SEO et GEO, IA, formation) et le pôle Agence (création WordPress, branding et contenus). Le site passe à 16 pages statiques, plus trois types de contenus dynamiques : les ressources, les études de cas et les références.
Étape 3 : exporter les contenus depuis la base de données
Plutôt que de copier-coller page par page, j’ai exporté la table des articles Joomla en SQL. Chaque article a été converti en fichier texte, avec sa date, son nombre de vues et sa catégorie. On obtient un inventaire complet qui sert de base de travail pour la réécriture et pour le plan de redirections.
Point d’attention : tout n’est pas dans la table des articles. Mes références clients étaient gérées dans WidgetKit, une extension Joomla qui stocke ses données à part. Il faut repérer ces contenus cachés dès le départ.
Étape 4 : modéliser les contenus avec ACF
Avant d’importer, j’ai créé dans WordPress les types de contenus et leurs champs :
- deux types de publication personnalisés, Références et Études de cas ;
- des taxonomies dédiées : secteur, expertise, mode d’intervention, technologie ;
- des groupes de champs ACF pour chaque type (client, année, chiffres clés, livrables, témoignage…).
Tout fonctionne avec la version gratuite d’ACF, en choisissant des champs simples plutôt que des répéteurs.
Étape 5 : importer en masse avec un fichier XML
J’ai complété un tableau de mes 57 références (secteur, expertise, technologies, URL), puis je l’ai transformé en fichier XML au format d’export WordPress. L’importateur natif crée alors toutes les fiches d’un coup, avec leurs taxonomies et leurs champs ACF.
Pour les images, je les ai d’abord chargées dans la médiathèque, puis le fichier XML les a rattachées automatiquement à chaque référence. Les études de cas ont suivi le même chemin.
Étape 6 : préparer les redirections 301
C’est l’étape qui protège le référencement acquis. Chaque ancienne URL Joomla doit renvoyer vers sa nouvelle page. L’inventaire de l’étape 3 donne la liste exhaustive, et le nombre de vues de chaque article aide à prioriser.
Ce que je retiens
- Une migration réussie se prépare dans la base de données, pas dans le back-office.
- Modéliser les contenus avant d’importer évite de tout refaire ensuite.
- L’import XML fait gagner des jours sur les sites qui ont beaucoup de fiches.
- La réécriture des contenus reste un travail humain, et c’est là que se joue la visibilité.